L’Arabie saoudite envisage d’acquérir des parts dans le projet minier de cuivre et d’or du Pakistan
Publié le 1 avril 2025, modifié le 14 avril 2025 par Alain LaurentLe Fonds d’investissement d’Arabie saoudite envisage d’acheter une participation dans le projet minier Reko Diq au Pakistan, dont la valeur est estimée à 9 milliards de dollars. Ce projet pourrait produire jusqu’à 400 000 tonnes de cuivre et 500 000 onces d’or, un atout crucial pour l’économie pakistanaise. Des ministres des deux pays confirment leur engagement envers ce partenariat qui promet de transformer la région.

Le fonds saoudien veut acquérir une part dans Reko Diq
Le fonds d’exploitation d’investissement de l’Arabie saoudite prévoit d’acquérir une participation allant de 10 à 20% dans le projet minier Reko Diq, situé au Pakistan. Ce dernier est destiné à devenir l’une des plus grandes mines de cuivre du monde une fois achevé. Cette acquisition serait effectuée auprès du gouvernement du Pakistan, détenteur initial de 25% des actions du site, pour un montant compris entre 500 millions et 1 milliard de dollars, selon plusieurs sources proches des négociations.
Barrick Gold s’exprime sur l’impact économique
Mark Bristow, directeur général de Barrick Gold, a déclaré : « Il s’agit d’un projet massif, cela changera l’économie pakistanaise. C’est très important ». Son entreprise développe le site depuis plusieurs années et voit cet investissement comme essentiel pour renforcer son application locale face à des défis récents tels qu’un différend avec le gouvernement malien. Bristow a ajouté que le soutien financier saoudien serait « bon pour l’ensemble du projet car il amène un partenaire régional poids lourd dans le mélange ».
Des discussions avancées entre les deux nations
Une délégation pakistanienne était récemment en visite à Riyad où le ministre du Pétrole, Musadik Malik, a indiqué aux journalistes qu’un accord pourrait être finalisé sous six mois. De plus, les représentants pakistanais cherchent activement à attirer davantage d’argent provenant du Royaume en raison de la fragilité financière actuelle. Le ministre saoudien Bandar Alkhorayef a également confirmé que Manara envisageait cette acquisition : « [Manara] sera un bon outil pour nous pour nous assurer que l’Arabie saoudite sécurise les minéraux dont il a besoin ».
Les détails financiers et structurels du projet
La phase initiale de la mine coûtera environ 4,5 milliards de dollars, avec un financement partagé entre Barrick(1,5 milliard)et une somme équivalente fournie par le Pakistan. Le reste sera obtenu via un consortium constitué notamment par la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement. Reko Diq devrait générer jusqu’à 400 000 tonnes de cuivre par an ainsi que 500 000 onces d’or, apportant non seulement des profits importants mais aussi créant potentiellement des milliers d’emplois locaux. La construction débutera bientôt après que certaines infrastructures ont déjà été mises en place sur site.
Les défis sécuritaires liés au projet
Cependant, Reko Diq se situe dans une province marquée par des violences liées à une insurrection séparatiste baloutche. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité réelle du gouvernement pakistanais à garantir la sécurité nécessaire aux investissements étrangers. Malgré ces hurdles éventuels, tous les acteurs impliqués semblent soutenus par leur volonté commune : faire avancer ce qui promettrait d’être un levier économique majeur tant pour le Pakistan que pour l’Arabie saoudite tout en répondant aux besoins croissants en métaux nécessaires aux transitions énergétiques propres.