Boom des lingots d’or : un signe alarmant de récession économique aux États-Unis

Publié le 10 mars 2025, modifié le 26 mars 2025 par Alain Laurent

Le déficit commercial américain a atteint un niveau record de 131,4 milliards de dollars en janvier 2023, principalement en raison d’une augmentation significative des importations. Cela soulève des préoccupations quant à l’impact économique potentiel, alors que la contraction du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre a été notablement révisée. Les prévisions de croissance et les effets des tarifs imposés par l’administration Trump pèsent sur les attentes économiques.

Boom des lingots d’or : un signe alarmant de récession économique aux États-Unis

Le déficit commercial américain atteint un niveau inédit

La semaine dernière, il a été rapporté que le déficit commercial des États-Unis a enregistré un chiffre alarmant de 131,4 milliards de dollars pour le mois de janvier 2023. Ce chiffre résulte d’une précipitation des entreprises à améliorer leurs stocks avant l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs annoncés par le président Donald Trump. Ces données ont mis en lumière une inquiétude grandissante concernant l’état global de l’économie américaine.

L’aggravation du déficit impacte les prévisions économiques

Les informations économiques plus larges autour des importations indiquent une évolution préoccupante : après avoir révisé la contraction du PIB prévue initialement à -2,8%, le modèle GDPNow de la Fed d’Atlanta était passé à -1,6% suite aux résultats récents concernant l’emploi. Cependant, cette mise à jour désolante sur la performance économique a suscité l’idée que les États-Unis pourraient être confrontés à une légère récession. Thomas Ryan, économiste chez Capital Economics, explique : « La ballon du déficit commercial à un sommet record… […] est ce qui a causé la plupart des dommages à notre estimation du PIB du premier trimestre ». Il ajoute qu’il s’attend à un rebond dans les prochains mois alors que les importations devraient se normaliser.

Une hausse marquée des importations d’or influence les statistiques

L’élément majeur qui pèse sur ces chiffres est une augmentation massive des importations d’or américain, car celles-ci sont considérées comme une réserve et ne contribuent pas directement au PIB puisqu’elles ne sont généralement pas utilisées dans la consommation ou production immédiate. David Mericle de Goldman Sachs note aussi : « Nous avons noté que… […] la majeure partie de l’élargissement du déficit commercial depuis novembre reflète des importations d’or plus élevées ». Inexplicablement intégrées sous « formes métalliques finies », ces données montrent une contribution significative dans le bilan commercial avec notamment la Suisse – principal acteur mondial dans cette industrie – dont le déficit avec les États-Unis a explosé atteignant 22 milliards de dollars.

Des estimations ajustées face aux nouvelles hypothèses tarifaires

La Fed Atlanta met également en lumière comment ces mouvements influencent ses prévisions économiques. Bien qu’elle distingue techniquement l’or dans son modèle GDPNow – rendant compte qu’exclure celui-ci entraîne une meilleure évaluation nette –, elle souligne aussi que cela peut fausser certaines interprétations sur les prévisions globales du PIB. Cette approche permettrait ainsi potentiellement au modèle « ajusté », qui exclut notamment ces imports d’or massifs, d’annoncer non pas une contraction mais carrément un léger changement positif avec +0,4%. Cependant ce type d’ajustement reste sujet aux fluctuations imprévues causées par divers facteurs politiques ou commerciaux.

Une anticipation accrue face au risque accru de récession

Goldman Sachs augmente sa « probabilité de récession » pour 2025 passant désormais à 20%, tout en précisant : « Nous avons également augmenté notre probabilité… […], nous ne l’avons augmenté que par un montant limité… ». Les analystes soulignent cependant qu’il existe encore diverses réponses politiques possibles qui pourraient amoindrir cet effet général si elles sont mises rapidement en chantier. Nous attendons aussi avec impatience la première estimation officielle concernant le PIB pour ce début d’année prévu pour être publiée le 30 avril 2023, où davantage éclaircissements permettront probablement mieux comprendre ces défis imminents auxquels fait face l’économie américaine.

Alain Laurent
Journaliste sur Prix des Métaux 👑