Les législateurs américains avertissent des délais concernant la vaste mine d’or en Irlande du Nord

Publié le 19 juin 2025, modifié le 24 juin 2025 par Joel Masson

Les législateurs américains accentuent la pression sur l’Irlande du Nord afin d’accélérer l’approbation du projet minier de Curraghinalt. Ce retard suscite l’inquiétude des investisseurs, alors que le projet pourrait générer une valeur significative pour l’économie locale. Malgré son potentiel économique, le projet fait face à une opposition grandissante liée aux enjeux environnementaux. Des membres influents du Congrès américain et des représentants britanniques ont exprimé leur frustration face à la lenteur du processus décisionnel.

Les législateurs américains avertissent des délais concernant la vaste mine d’or en Irlande du Nord

Les législateurs américains réclament une décision rapide

Quatre membres du Congrès américain, soutenus par l’ambassadeur britannique à Washington, Lord Peter Mandelson, ont fait part de leur frustration concernant les retards dans l’approbation de la mine d’or de Curraghinalt. Dans une lettre adressée aux autorités nord-irlandaises, ils ont exhorté les décideurs à rendre « une décision finale dans un délai raisonnable », soulignant que huit années de retards administratifs ont déjà compromis le projet.

Avec un prix de l’or atteignant des sommets historiques, la mine est estimée à 20 milliards de livres sterling en valeur potentielle, selon Dalradian, la société en charge du projet. Celle-ci prévoit un impact économique global de 7 milliards de livres, incluant la création de 1 000 emplois directs et des retombées fiscales estimées à 2,5 milliards de livres sterling pour le Royaume-Uni.

Un processus d’approbation long et incertain

Initialement prévu pour durer 30 semaines, le processus d’approbation s’étend désormais sur plus de 400 semaines, sans issue claire à ce jour. Patrick Anderson, PDG canadien de Dalradian, qualifie la situation de « profondément décevante » et affirme que l’entreprise a le sentiment d’avoir été « abandonnée » malgré des investissements significatifs en attente.

La mine est située dans les montagnes des Sperrins, une région d’une grande beauté naturelle, mais aussi au cœur de plus de 50 000 objections formulées par des résidents et groupes environnementaux, inquiets de l’impact écologique du projet.

Enjeux écologiques et perspectives américaines

Les opposants au projet, regroupés notamment sous la bannière Save Our Sperrins, s’inquiètent de la menace sur leur environnement local. Fidelma O’Kane, figure emblématique du mouvement, affirme : « Notre air pur est inestimable. » Elle appelle à préserver un cadre de vie sain pour les générations futures.

De leur côté, les législateurs américains s’interrogent sur l’impact de ces blocages sur l’attractivité économique de la région, alors que les États-Unis cherchent à sécuriser des approvisionnements en minéraux critiques. Ils estiment qu’un processus équitable et rapide enverrait « un signal fort » sur la capacité de l’Irlande du Nord à accueillir des investissements étrangers.

Des investissements importants toujours en suspens

Orion Resource Partners, propriétaire de Dalradian, a déjà investi environ 400 millions de dollars dans le projet depuis 2018. Un financement complémentaire de 350 millions de dollars est envisagé pour initier la phase d’exploitation. La société affirme que Curraghinalt présente une teneur exceptionnelle en or, avec un niveau cinq fois supérieur à la moyenne mondiale.

Depuis son acquisition du site en 2009, Dalradian affirme avoir identifié environ 6 millions d’onces d’or. Pourtant, malgré des années de prospection et de développement, le projet reste en attente de validation officielle.

Vers une clarification politique nécessaire

Sur le terrain, les tensions persistent. Les autorités locales tardent à rendre une décision définitive, malgré les appels à trancher ce dossier. Le gouvernement d’Irlande du Nord est désormais sous pression pour clarifier sa position et apporter des garanties sur la faisabilité du projet, tout en conciliant les impératifs économiques et environnementaux.

Patrick Anderson reste prudent : bien que des avancées aient été faites, les blocages politiques et les débats sociétaux autour de l’écologie, de l’emploi et de l’indépendance réglementaire continuent de peser lourdement sur l’avenir de Curraghinalt.

Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑