Émettre un avis sur le bilan du Rallye d’Or

Publié le 13 juin 2025, modifié le 13 juin 2025 par Joel Masson

Le statut de l’or et de l’euro sur le marché des réserves internationales a pris un tournant significatif. En effet, l’or est désormais considéré comme le deuxième plus grand actif de réserve pour les banques centrales, dépassant ainsi l’euro. Cette évolution soulève des questions quant à la confiance envers le dollar américain et les implications géopolitiques liées aux récentes sanctions contre certains pays.

Émettre un avis sur le bilan du Rallye d’Or

La montée en puissance de l’or face à l’euro dans les réserves bancaires

Depuis la réélection de Donald Trump, les discussions autour du statut d’actif de réserve du dollar américain ont gagné en intensité, mais une nouvelle dynamique se dessine : l’or devance désormais l’euro en tant que deuxième actif le plus prisé dans les réserves des banques centrales. Un rapport publié par Mainft indique que cette progression s’explique par un rallye impressionnant du prix de l’or, qui a enregistré une hausse de 30% au début de l’année. Cette situation pourrait refléter un changement fondamental dans la perception des actifs traditionnels.

Les banques centrales ont représenté plus d’un cinquième de la demande totale d’or pour la troisième année consécutive, renforçant ainsi leur rôle acteur clé sur ce marché.

Les implications géopolitiques sur les choix monétaires

L’ascension inédite de l’or peut également être liée à des préoccupations concernant les rendements obligataires liés à l’inflation, qui rivalisent souvent avec ceux observés pour le métal précieux. Une baisse des rendements a historiquement coïncidé avec une augmentation du prix de l’or, ce qui pourrait indiquer un changement radical dans les attentes économiques vis-à-vis du gouvernement américain.

Dans ce contexte, il est important d’examiner comment certaines nations gèrent leurs avoirs en réponse aux tensions géopolitiques. En particulier, après son invasion de l’Ukraine, la Russie a vu ses réserves étrangères bloquées. La Banque centrale russe a depuis accumulé une part substantielle d’or – environ 50% des augmentations officielles depuis 2014 – illustrant comment ces événements façonnent les comportements financiers.

L’évolution du système monétaire international face aux sanctions

Un indicateur marquant provient d’une enquête mondiale menée par le Conseil mondial de l’Or, selon laquelle un cinquième des gestionnaires émergents expliquent leur investissement dans ce métal par « l’anticipation des changements dans le système monétaire international ». Simultanément, plus d’un quart justifie sa détention par la volonté d’éviter les conséquences néfastes potentielles dues aux sanctions économiques. Ce phénomène pourrait témoigner d’une méfiance croissante envers certaines monnaies majeures et renforcerait davantage la position stratégique que revêt actuellement l’or sur scène mondiale.

Un regard sceptique sur relativité entre or et autres actifs

D’un autre côté, même si certains pays cherchent activement à diversifier leurs réserves vers l’or, parmi les banques centrales situées dans Royaume-Uni ou Europe continentale, peu changent leur stratégie rapidement. Comme rappelé succinctement par un économiste interrogé : « Généralement, c’est une classe d’actifs qui est très difficile à gérer ». Ce point souligne combien il peut sembler risqué pour ces institutions traditionnelles d’affecter significativement leurs avoirs au profit du précieux métal jaune.

De fait, bien que le dollar américain fasse face à plusieurs critiques actuelles concernant sa viabilité comme actif refuge incontournable aujourd’hui encore – notamment aggravée par une inflation persistante – son utilisation généralisée demeure prégnante grâce à sa traçabilité.

L’avenir incertain : Or ou euro ?

adapté positivement au long terme voire en fonctionnant transitionnellement post-modernisation économique. L’euro lui-même continue ses défis internes tout restant supérieur malgré quelques préoccupations structurelles.

Sa qualité repose non seulement sur ses marchés profonds intégrés mais aussi représente environ un tiers global quantitatif concernant échanges commerciaux annuels, signifiant alors résilience globalisée conservée.

Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑