En dépit des défis du TiO₂ en Europe, Tronox a engagé 30 millions d’euros pour assurer sa production historique en Alsace

Publié le 1 décembre 2025 par Joel Masson

De février à octobre 2025, Tronox a investi plus de 30 millions d’euros pour moderniser son usine historique de Thann dans le Bas-Rhin, alors que d’autres producteurs européens fermaient leurs sites. L’usine est la seule en France à produire du dioxyde de titane (TiO₂), essentiel dans divers secteurs. Un projet de transformation décennal est prévu, nécessitant encore un investissement supplémentaire de 50 millions d’euros.

Tronox investit 30 millions d’euros pour moderniser l’usine historique de Thann

Le fabricant américain Tronox a récemment achevé des travaux significatifs sur son usine située à Thann, une ville alsacienne installée au cœur des vignes. Cette modernisation s’étend sur près de neuf mois et représente un investissement majeur dépassant les 30 millions d’euros. Ce site, vieux de plus de 200 ans, se distingue comme la dernière usine en France spécialisée dans la production de TiO₂

L’usine fait partie intégrante du paysage économique local, malgré une concurrence croissante due aux fermetures ou ventes observées parmi les producteurs européens cette année.

Un plan décennal nécessite 50 millions d’investissement supplémentaire

La modernisation inclut le remplacement ou la rénovation d’un total de 17 équipements majeurs, tels que chaudières et électrofiltre. Le projet s’inscrit dans un cadre plus large : un plan définitif initié en 2020 centré sur quatre axes : la recherche et développement (R&D), la décarbonation, l’économie circulaire ainsi qu’une gestion améliorée des ressources en eau. Pour terminer cette transformation attendue avant 2030, Tronox devra envisager un investissement additionnel estimé à 50 millions d’euros.

Emmanuel Sibileau, le directeur du site depuis deux décennies, souligne avec un brin de fierté : « En 1922, la fabrication de dioxyde de titane (TiO₂) pigmentaire pur est née ici ».

Production intégrée et ratio élevé entre matières premières et produits finis

L’usine assure une production totalement intégrée grâce aux minerais extraits par Tronox dans ses mines australiennes et sud-africaines. Ces sivres sont traités avec soin selon des méthodes sophistiquées impliquant acide sulfurique et autres procédés chimiques contrôlés scrupuleusement « ce qui ne faut jamais faire : mettre de l’eau dans l’acide », explique Sibileau.

Pour chaque tonne produite, deux tonnes de matières premières sont nécessaires, illustrant ainsi l’efficacité calculée du processus industriel qui aboutit finalement à plusieurs étapes complexes pour obtenir un produit fini.

En parallèle au TiO₂ classique produit par voie sulfate humide sur place, le site utilise également le chlore fourni par Vynova pour synthétiser du tétrachlorure titanique (TiCl₄) via une méthode dite chlorée très prisée avant tout pour sa pureté.

Une pression accrue sur le marché européen du TiO₂

Avec une capacité annuelle centrée autour des 30 000 tonnes pour TiO₂ et près de 20 000 tonnes pour TiCl₄ respectivement reportées directement vers les marchés internationaux – majoritairement en Allemagne > États-Unis > Japon – ces chiffres montrent bien que l’export constitue près de 90% des revenus réalisés par l’usine.

Sibilau précise qu’ils répondent aux demandes strictes liées aux spécifications exigées par leurs clients tout en maintenant leur distance face aux productions chinoises souvent moins chères mais considérablement contestables au niveau qualité.

Malgré cela ? La situation demeure tendue compte tenu des pressions concurrentielles actuelles aussi visibles avec certaines baisses notables notamment illustrées par les récentes fermetures observées chez Venator Materials ou encore Botlek aux Pays-Bas.

Des classifications cancérogènes contestées autour du TiO₂

Depuis les débats lancés depuis début (2016) portant sur la classification potentielle du dioxyde comme substance cancérigène classifiée sous certaine norme… toute discussion juridique continue encore aujourd’hui ! Il convient donc ici également rappeler comment référencer cette bataille judiciaire entre autorités sanitaires régionales versus industriels cherchant annulait ce règlement peu flatteur finalisé tôt ^^

Ainsi Emmanuel Sibileau évoque clairement cet héritage solide remontant jusqu’aux fondements mêmes des technologies colorantes modernes mises désormais largement accessible via cet artisanat chimique maîtrisé !

Il n’en reste pas moins essentiel suite tous ces événements ; tenir compte également fleuve roulant environnant vis-à-vis conditions sécuritaires requises etc.

Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑