Les accords de la Cour du Mali impactent Barrick Mining dans son conflit concernant le projet aurifère

Publié le 18 juin 2025, modifié le 24 juin 2025 par Joel Masson

Un tribunal malien a ordonné la nomination d’un conseil provisoire pour gérer la mine de Loulo-Gounkoto, malgré l’opposition de Barrick Mining. Ce fossé entre le gouvernement militaire du Mali et la société canadienne met en lumière des tensions croissantes sur les lois minières et les droits d’exploitation. Alors que Barrick cherche à relancer ses activités, le climat incertain pèse lourdement sur l’avenir de l’exploitation minière dans le pays.

Les accords de la Cour du Mali impactent Barrick Mining dans son conflit concernant le projet aurifère

Le tribunal malien nomme un conseil pour rouvrir la mine d’or

Un tribunal à Bamako, capitale du Mali, a pris une décision marquante en acceptant une demande du gouvernement visant à nommer un conseil provisoire pour gérer la mine d’or de Loulo-Gounkoto. Cette décision survient alors que Barrick Mining, propriétaire de la mine, avait fermée ses opérations dès janvier 2023 après que le gouvernement ait réclamé l’exportation de l’or détenu dans une banque gardienne.

Barrick Mining et le gouvernement malien en forte opposition

La situation s’est dégradée depuis que Barrick a exprimé son incapacité à redémarrer les opérations sans avoir préalablement obtenu l’autorisation d’exporter son or. La mine de Loulo-Gounkoto était pourtant considérée comme son deuxième actif le plus productif au cours de l’année précédente. À ce stade, un ancien ministre de la Santé du Mali, Soumana Makadji, a été désigné par le tribunal pour diriger ce nouveau conseil d’administration pendant six mois.

Barrick lance une procédure arbitrale contre le Mali

Face aux décisions politiques adverses du gouvernement malien concernant sa loi minière adoptée en 2023, qui permettrait au gouvernement d’accroître sa part des revenus miniers jusqu’à 35%, Barrick a décidé d’engager une procédure arbitrale auprès du Centre international de règlement des différends liés à des investissements. Cette démarche vise à contester certaines restrictions imposées par Bamako tout en demandant «des mesures provisoires» pour protéger ses intérêts.

Des tensions croissantes autour des contrats miniers au Mali

Depuis leur arrivée au pouvoir suite à un coup d’État en 2020 dirigé par Assimi Goïta, les dirigeants actuels du Mali ont durci leur position vis-à-vis des accords précédemment établis avec les entreprises minières étrangères. En février dernier, il semblait qu’un accord allait être trouvé lorsque Barrick avait proposé environ 438 millions de dollars afin que ses stocks dorés soient libérés ainsi que quatre dirigeants détenus depuis plusieurs mois. Toutefois, ces négociations n’ont pas abouti. Les pressions financières sur Barrick se sont accrues lorsque le quartier général in situ a été fermé par les autorités maliennes et des menaces ont été proférées quant à une prise éventuelle contrôle complet de leurs actifs locaux.

Barrick qualifie les actions maliennes d’injustifiées

Suite aux développements récents, Barrick Minng s’est exprimé par voie officielle : « Ces développements se sont produits malgré les efforts continus de Barrick pour atteindre une résolution constructive et durable». La société décrit également comme «injustifié» tout blocage ou confiscation notable concernant ses exportations ou produits issus de sa production. Avec un environnement politique instable combiné aux préoccupations croissantes autour des droits mineraux étrangers liés aux nouvelles législations au Mali, il semble probable que cette situation difficile perdure sans compromis tangible entre Barrick Mining et le régime actuel mis sous pression.

Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑