Une étude révèle que les consommateurs privilégient les expériences plutôt que les biens matériels

Publié le 27 novembre 2025 par Joel Masson

Une nouvelle étude de Bain & Company révèle que le marché du luxe connaît une évolution importante, avec une croissance marquée des expériences par rapport aux biens matériels. Le secteur des voitures de luxe et celui des vins sont en déclin, tandis que la joaillerie et l’hospitalité affichent de belles performances. Les prévisions indiquent un potentiel d’expansion régionale, notamment au Moyen-Orient.

Le marché du luxe reste stable malgré des disparités

Une récente étude réalisée par Bain & Company en collaboration avec la fondation italienne Altagamma met en lumière un marché du luxe à 1440 milliards d’euros, stable par rapport à 2024 mais avec des nuances significatives. Bien que les chiffres globaux restent positifs, la réalité derrière ce chiffre cache un déclin notable dans certains segments.

Les ventes de voitures de luxe enregistrent une baisse de 4% à taux constants et celles des vins et spiritueux diminuent à hauteur de 2%. En revanche, le segment des biens personnels demeure stable à 358 milliards d’euros. La croissance est particulièrement visible dans d’autres catégories comme celle de l’hospitalité, qui a vu ses performances croître de 5%, atteignant ainsi 251 milliards d’euros.

Les expériences comme moteur phare du secteur

« Les expériences et émotions sont devenues le véritable moteur de la croissance du luxe », affirme Claudia D’Arpizio, associée senior chez Bain & Company et principale auteure de l’étude. Ce nouveau paradigme ouvre un vaste potentiel pour les entreprises telles que Kering et l’Oréal, qui ont récemment établi un partenariat visant à créer ces fameuses expériences enrichissantes pour les consommateurs.

La dynamique actuelle demeure influencée par divers événements mondiaux. Malgré certaines turbulences post-Covid, l’étude anticipe qu’environ entre 525 et 625 milliards d’euros pourrait être généré par le marché jusqu’en 2035. De manière plus large, les dépenses totales liées au luxe pourraient augmenter entre 2200 et 2700 milliards d’euros, quasiment le double du niveau actuel.

Le Moyen-Orient émerge comme épicentre du commerce luxueux

Pourtant, tous les marchés ne connaissent pas la même trajectoire ascendante. Les répercussions géopolitiques internationales impactent sévèrement plusieurs régions clés : tant le Japon que la Chine annoncent une diminution des ventes estimée à -7%, alors que l’Europe affiche également une baisse légère (-2%). Les autres zones asiatiques ainsi que le continent américain restent relativement stagnants.

En revanche, le Moyen-Orient, avec sa croissance remarquable de 5%, émerge comme un acteur essentiel pour stimuler ce secteur (ce chiffre prenant aussi en compte certaines régions comme l’Australie).

Disparités notables parmi les secteurs emblématiques

Dans l’univers très concurrentiel des biens personnels haut-de-gamme, toutes les catégories ne progressent pas uniformément. La joaillerie se distingue nettement avec une augmentation morale moyenne fixée à +5%. Cette tendance est suivie par la lunetterie (+3%), portée notamment par l’engouement pour les lunettes connectées.

À contrario, le segment cuir observe davantage encore recul, maroquinerie et chaussures accumulant toutes deux -6% éloignés même malgré la présence dominante d’Hermès sur ce créneau spécifique. Quant aux secteurs tels que la mode ou l’horlogerie ainsi qu’à ceux liés à la beauté, ils semblent préserver leur stabilité sans mouvements marquants.

Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑