Le rallye de l’or attire les bijoutiers grâce à un marché où les prix s’effondrent littéralement

Publié le 11 novembre 2025 par Joel Masson

Cette année, la flambée des prix de l’or et de l’argent incite les bijoutiers à envisager de réduire la teneur en or dans leurs produits. Avec une baisse continue de la consommation d’or pour les bijoux, certaines entreprises pourraient opter pour des métaux moins coûteux face à une demande vacillante. Les marques du secteur cherchent des solutions pour maintenir leur rentabilité tout en s’adaptant aux changements du marché.

La flambée des prix incite les bijoutiers à réduire la teneur en or

La hausse massive des prix de l’or et de l’argent a suscité un débat sur le commerce de dévalorisation. Cette pratique démontre que ces métaux précieux sont souvent perçus comme un rempart contre la dévaluation menée par certains gouvernements sur leurs monnaies fiduciaires. Pour compenser cette augmentation des coûts, il est probable que certains grands consommateurs d’or choisissent effectivement d’en réduire la teneur dans leurs produits.

Une chute significative de 19% dans la consommation d’or pour les bijoux au troisième trimestre

Les bijoutiers, qui représentent traditionnellement environ un tiers de toute la demande d’or, ont été particulièrement touchés par cette dynamique. Selon le Conseil mondial de l’or, leur consommation a chuté de 19% sur un an au troisième trimestre, atteignant seulement 371 tonnes. Ce chiffre marque le neuvième trimestre consécutif où une baisse annuelle se fait sentir – il s’agit là du plus long recul enregistré depuis 2011.

Kering prévoit des changements face à l’impact du coût élevé des matières premières

Des géants du luxe tels que Kering, propriétaire des maisons Boucheron et Pomellato, font également état challenge conséquent lié à ce contexte économique difficile. Plus tôt dans l’année, Kering a informé ses investisseurs qu’ils étudiaient « les modifications possibles des prix » ainsi que « l’efficacité production » afin d’atténuer cet impact financier.

Les marques milieu de gamme confrontées à une pression accrue sur leurs marges bénéficiaires

Pour les marques se positionnant sur le segment milieu de gamme, répercuter cette hausse sur les clients s’avère délicat, surtout lorsque ceux-ci sont très attentifs aux prix. Les préoccupations concernant la confiance des consommateurs aux États-Unis ainsi que sur plusieurs marchés européens ajoutent une complexité supplémentaire alors que Noël approche, période cruciale pour le secteur.

La société Pandora a récemment revu ses prévisions de marges bénéficiaires à la baisse. Son directrice générale Beth Gerstein a affirmé : « L’entreprise lutte contre certaines des pressions les plus difficiles liées aux coûts auxquels notre industrie ait jamais été confrontée ».

Pandora explore divers moyens sans renier son image haut-de-gamme

En réponse à ces défis financiers, Pandora envisage également revoir sa composition produit pour atténuer son coût matériel ; alors qu’actuellement, l’argent constitue environ 30% du coût total lié aux marchandises vendues. Bien qu’un recours accru aux alternatives comme l’acier inoxydable puisse être envisagé, cela risquerait toutefois ternir son image auprès d’une clientèle exigeante – Alexandre Lacik a insisté en déclarant qu’ils ne « se transformeraient pas en acteurs de bijouterie fantaisie ».

Tout en poursuivant leur quête d’innovation pour préserver leur marge bénéficiaire – processus qui requiert du temps – Pandora doit naviguer avec prudence dans cette fragilité actuelle ; ses actions ayant chuté jusqu’à 40% depuis le début d’année, elles sont désormais échangées au tarif jugé peu attrayant correspondant dix fois leurs profits projetés pour l’année suivante.

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Joel Masson
Journaliste sur Prix des Métaux 👑