Cuivre : Donald Trump impose une taxe de 50% sur les importations, le marché explose

Publié le 10 juillet 2025 par Alice Riviere

Le président Donald Trump a relancé la machine protectionniste. En annonçant le 9 juillet 2025 une taxe de 50 % sur les importations de cuivre, les États-Unis déclenchent une onde de choc sur les marchés mondiaux. En pleine campagne électorale, l’ancien président entend jouer la carte du « America First » industriel, quitte à faire bondir les prix.

Cuivre : Donald Trump impose une taxe de 50% sur les importations, le marché explose

Un tarif punitif pour « protéger les intérêts stratégiques américains »

La mesure ne laisse pas place à l’ambiguïté : à partir du 1er août 2025, tous les lots de cuivre importés aux États-Unis seront taxés à hauteur de 50 %. Ce droit de douane vise selon Trump à protéger « les secteurs industriels critiques, de la défense aux hautes technologies ». Officiellement, l’argument de sécurité nationale est invoqué via la fameuse Section 232 du code du commerce, déjà utilisée par le passé pour l’acier et l’aluminium.

Mais cette décision intervient dans un contexte bien plus large. Depuis plusieurs mois, la campagne Trump promet une « relocalisation massive » des industries dites stratégiques. Le cuivre, matériau essentiel dans les batteries, les véhicules électriques, les semi-conducteurs ou encore les infrastructures de réseau, devient un symbole de cette nouvelle bataille commerciale.

Une flambée immédiate des prix du cuivre

L’annonce n’a pas tardé à faire réagir les marchés. Dès le 9 juillet, les contrats à terme sur le cuivre ont bondi de plus de 12%, atteignant un nouveau sommet historique à plus de 5,60 dollars la livre sur le COMEX. Les opérateurs anticipent une ruée des importateurs pour faire entrer du cuivre avant l’entrée en vigueur des taxes. À moyen terme, une pénurie est redoutée si les États-Unis ne parviennent pas à compenser par leur production intérieure.

« C’est un choc majeur pour toute la chaîne de valeur industrielle », estime un analyste basé à Chicago. « Des câbles électriques aux cartes mères en passant par l’automobile, la pression va se répercuter très vite sur les prix à la consommation. »

Une mesure à fort risque diplomatique

Les États-Unis ne sont pas les premiers producteurs de cuivre. Le Chili, le Pérou, le Mexique et le Canada comptent parmi les principaux fournisseurs du pays. Cette taxe de 50% vise donc indirectement ces partenaires commerciaux. Des tensions sont déjà perceptibles dans les relations avec ces États, qui dénoncent une mesure « disproportionnée et contraire aux règles de l’OMC ».

L’Union européenne, quant à elle, observe la situation avec attention. Elle craint une dérive protectionniste plus large qui pourrait impacter d’autres métaux ou composants électroniques dans les semaines à venir. Des négociations sont en cours pour tenter d’obtenir des exemptions, comme cela avait été le cas pour certains alliés lors des taxes Trump de 2018.

Une stratégie électorale en filigrane

Ce tarif douanier tombe à un moment politique crucial. Donald Trump, en campagne pour reprendre la Maison Blanche, cherche à séduire l’électorat industriel du Midwest. En ciblant un métal stratégique comme le cuivre, il envoie un message clair : l’industrie nationale sera au cœur de sa politique économique.

Mais cette approche pourrait se retourner contre lui si les hausses de prix du cuivre venaient à impacter trop fortement les consommateurs américains. Déjà, plusieurs grandes entreprises technologiques s’inquiètent du surcoût des composants. Dans le secteur automobile, certains fabricants envisagent de revoir leurs chaînes d’approvisionnement pour contourner la taxe.

Quelles conséquences à moyen terme ?

À court terme, les analystes s’attendent à un afflux massif d’importations d’ici la fin juillet, avant que la taxe ne s’applique. Ensuite, une baisse des volumes importés est probable, sauf si des exemptions sont négociées. Le prix mondial du cuivre pourrait rester élevé tant que la mesure est en vigueur.

À plus long terme, cette politique pourrait inciter à relancer l’exploitation minière aux États-Unis. Mais les projets d’ouverture de nouvelles mines se heurtent à des obstacles environnementaux et à des délais très longs. Autrement dit, cette taxe pourrait surtout accroître la dépendance des États-Unis à des matériaux de substitution, ou à des pays tiers moins exposés.

Une guerre des métaux en gestation

Le cuivre est peut-être le premier d’une nouvelle série de métaux critiques à passer sous les fourches caudines de la politique protectionniste américaine. Des rumeurs évoquent déjà des mesures similaires à venir sur le lithium, le cobalt ou les terres rares. Une guerre commerciale axée sur les ressources critiques semble se profiler, avec des conséquences considérables pour la transition énergétique mondiale.

Dans ce contexte, la décision du 9 juillet 2025 pourrait bien marquer un tournant. Moins visible qu’un embargo ou qu’un conflit ouvert, cette taxe sur le cuivre pourrait redessiner en profondeur les flux industriels, les chaînes de production, et les équilibres diplomatiques liés aux métaux stratégiques.

Alice Riviere
Journaliste sur Prix des Métaux 👑