Après avoir atteint des sommets en 2025 le cours de l’or va-t-il redescendre en 2026 ?

Publié le 23 février 2026 par Alice Riviere
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Depuis le début de l’année 2025, le cours de l’or a connu une progression spectaculaire, atteignant des niveaux records historiques au tournant de 2026. L’once, qui évoluait autour de 1 900 à 2 000 $ en 2024, a progressivement franchi plusieurs seuils psychologiques majeurs pour dépasser les 2 400 $, puis inscrire de nouveaux sommets successifs. Cette dynamique haussière ne relève pas d’un simple mouvement spéculatif ponctuel, mais s’inscrit dans un contexte macroéconomique global particulièrement instable.

Plusieurs moteurs structurels ont soutenu cette ascension. D’abord, les achats massifs des banques centrales ont constitué un socle fondamental. Selon le World Gold Council, les institutions monétaires ont accumulé plus de 1 000 tonnes d’or par an ces dernières années, un niveau inédit depuis les années 1960. Cette stratégie traduit une volonté claire de diversification des réserves face aux incertitudes liées au dollar et aux tensions géopolitiques. L’or redevient ainsi un instrument de souveraineté monétaire.

Après avoir atteint des sommets en 2025 le cours de l’or va-t-il redescendre en 2026 ?

Ensuite, l’environnement de taux réels faibles ou négatifs a renforcé l’attrait du métal jaune. Lorsque les rendements obligataires corrigés de l’inflation restent modestes, le coût d’opportunité de la détention d’or diminue mécaniquement. Dans un monde où l’endettement public dépasse 300 % du PIB mondial selon l’Institute of International Finance, la crédibilité des monnaies fiduciaires suscite des interrogations croissantes. L’or bénéficie alors d’un regain d’intérêt en tant que valeur refuge universelle.

Les tensions géopolitiques ont amplifié la demande refuge en or

Au-delà des variables monétaires, l’année écoulée a été marquée par un climat international instable. Les conflits persistants en Europe orientale, les crispations au Moyen-Orient et les rivalités commerciales entre grandes puissances ont alimenté un sentiment de risque systémique. Historiquement, chaque montée des tensions internationales se traduit par un afflux vers les actifs perçus comme sûrs. L’or joue précisément ce rôle depuis des siècles.

Les incertitudes politiques aux États-Unis, notamment autour des orientations budgétaires et des cycles électoraux, ont également contribué à la volatilité du dollar. Or, le métal précieux évolue souvent en sens inverse du billet vert. Une devise américaine fragilisée soutient mécaniquement le prix de l’or libellé en dollars. Cette corrélation a été particulièrement visible au second semestre 2025.

Par ailleurs, la montée des inquiétudes inflationnistes dans plusieurs économies avancées a renforcé l’idée que l’or constitue une protection contre l’érosion monétaire. Même si l’inflation a ralenti par rapport aux pics post-pandémie, elle demeure supérieure aux objectifs officiels des banques centrales dans de nombreux pays développés. Les investisseurs institutionnels ont ainsi augmenté leur exposition via des ETF adossés à l’or physique.

Depuis quelques jours le cours de l’or est en baisse : correction technique et prises de bénéfices

Après cette séquence haussière impressionnante, les marchés ont observé récemment un mouvement de consolidation. Il suffit de vérifier le cours de l’or en quelques secondes sur Veracash pour constater la dure réalité : sur les dernières séances, le prix de l’or a connu des reculs ponctuels de l’ordre de 2 à 3%, illustrant une phase classique de prises de bénéfices. Une telle correction ne remet pas en cause la tendance annuelle, mais signale un ajustement technique après des sommets atteints rapidement.

Plusieurs facteurs immédiats expliquent cette respiration du marché. L’annonce de discussions diplomatiques au Moyen-Orient a légèrement réduit la prime de risque géopolitique intégrée dans les prix. De plus, certains indicateurs macroéconomiques américains ont montré une résilience de l’activité, ravivant l’hypothèse d’une politique monétaire moins accommodante que prévu. La perspective de taux durablement élevés pèse traditionnellement sur le métal précieux.

Les marchés dérivés ont également joué un rôle dans cette volatilité récente. Lorsque des niveaux techniques majeurs sont testés, les ordres automatiques peuvent amplifier les mouvements. Les investisseurs à court terme ajustent leurs positions, ce qui accentue les fluctuations sans nécessairement traduire un changement fondamental de tendance.

Les forces structurelles restent intactes

Malgré cette consolidation, les fondamentaux qui ont soutenu la hausse demeurent présents. Les banques centrales poursuivent leurs stratégies d’accumulation. Les tensions géopolitiques, bien qu’évolutives, n’ont pas disparu. Le débat sur la soutenabilité de la dette publique reste central dans les économies avancées. Enfin, les incertitudes liées aux transitions énergétiques, industrielles et technologiques créent un environnement global où la recherche de stabilité patrimoniale conserve tout son sens.

L’or conserve ainsi son statut d’actif stratégique de long terme. Il ne génère pas de rendement intrinsèque, mais sa fonction de réserve de valeur demeure profondément ancrée dans l’architecture financière mondiale. Les grandes institutions ne l’envisagent pas comme un simple produit spéculatif, mais comme une assurance contre les scénarios extrêmes.

Quels sont les scénarios possibles pour le cours de l’or en 2026 ?

Scénario 1 : haussier renforcé

Dans l’hypothèse où les tensions internationales se ravivent et où les banques centrales adoptent une posture monétaire plus souple, l’or pourrait poursuivre sa trajectoire ascendante. Un retour vers de nouveaux sommets historiques serait envisageable. Une aggravation d’un conflit majeur ou une crise financière imprévue pourrait provoquer une accélération rapide des flux vers les actifs refuges.

Scénario 2 : consolidation prolongée

Si l’économie mondiale stabilise sa croissance et si l’inflation se normalise progressivement, le marché pourrait entrer dans une phase latérale. L’or évoluerait alors dans un corridor large, absorbant les excès précédents tout en conservant une valorisation élevée. Ce scénario correspond à une normalisation graduelle sans choc majeur.

Scénario 3 : repli modéré

Dans le cas où les taux réels augmenteraient durablement et où la confiance dans les marchés actions se renforcerait, l’or pourrait subir un reflux partiel. Les investisseurs arbitreraient vers des actifs plus rémunérateurs. Une correction plus marquée resterait toutefois conditionnée à une amélioration nette et durable de la conjoncture globale.

Est-ce le bon moment pour acheter de l’or ?

Sur un an, le cours de l’or s’est inscrit dans une dynamique exceptionnelle, soutenue par un ensemble cohérent de facteurs économiques et géopolitiques. Les fluctuations récentes s’apparentent davantage à des ajustements techniques qu’à un retournement structurel. Le métal précieux reste au cœur des stratégies de diversification dans un monde marqué par l’incertitude.

L’évolution future dépendra essentiellement de trois variables clés : la trajectoire des taux réels américains, la stabilité géopolitique internationale et la politique d’accumulation des banques centrales. Tant que ces éléments demeureront favorables, l’or conservera un rôle central dans l’équilibre des marchés financiers mondiaux.